ENVIRONNEMENT : Des preuves qui irritent les forestiers dans la Nyanga et la Ngounié

28 novembre 20170
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Les populations villageoises donnent l’alerte aux défenseurs de l’économie verte. Récemment en mission dans les provinces de la Nyanga et de la Ngounié, les membres de l’ONG Muyissi Environnement ont réuni des preuves accablantes contre plusieurs exploitants forestiers (Gabonews) :

En mission d’information et de sensibilisation des populations locales dans les provinces de la Nyanga et de la Ngounié, les volontaires de l’Organisation non gouvernementale, Muyissi Environnement qui bénéficie de l’appui de l’ONG Conservation Justice, ont édifié durant une dizaine de jours les habitants des localités de la Douigny ‘’Moabi’’, de la Doutsila ‘’Mabanda’’, de la Dola ‘’Ndendé’’ et la Louétsi-Wano, Lébamba sur la loi forestière. Les échanges se sont focalisés en général sur les articles 128, 129, 135, 149 et 251 du Code forestier en vigueur au Gabon. Il s’est agi d’expliquer à chaque étape les enjeux socio-économiques de l’exploitation illégale du bois. Depuis février dernier, les défenseurs de l’environnement vont davantage en guerre contre les exploitants illégaux de la forêt notamment ceux qui ont choisi le volet bois.

A travers une stratégie de communication de proximité, les membres des ONG vertes à l’exemple de ceux de Muyissi Environnement dont le siège social se trouve à Mouila, ont su se constituer un important réseau fiable d’informateurs qui donnent l’alerte à la moindre preuve. Leur dernière descente sur le terrain a permis de découvrir ‘’l’horreur’’ dans les villages Pandza et Kabu-Nzambi situés au département de la Doutsila dont Mabanda est le chef-lieu. ‘’Quand je vois ça, j’ai mal’’ a indiqué Andrien, un habitant de Kabu-Nzamba. En allant sur le site du forestier Monts Pelé, plusieurs essences de bois divers restées à l’abandon en violation des articles 128, 129 et 135 du Code forestier.

Pour le président de Muyissi Environnement, Ladislas Désiré Ndembet, l’administration des Eaux et forêts devrait intensifier la patrouille de terrain. Pourtant le constat est réel puisque l’ONG s’est rendue sur place, les autorités nient toute évidence du phénomène d’abandon du bois. Le Préfet de la Doutsila, Jean Bernard Ikagna Ndoti a choisi la carte de l’intimidation face à la délégation conduite par le président de Muyissi Environnement. Cet excès de pouvoir n’a pas faibli ces gens déterminés à faire respecter la loi forestière afin de décourager les forestiers véreux. Joint au téléphone, le chef de cantonnement des Eaux et forêt de la Doutsila, Edzang Abessolo s’est contenté de rappeler que le journaliste doit dire ce qu’il a vu.

Les photographies prises au passage sont des preuves accablantes contre les forestiers illégaux qui auraient la bénédiction de l’administration au regard du laxisme observé. « J’ai saisi la direction provinciale de la Nyanga, mais sans suite jusqu’aujourd’hui  » a confié le président du Conseil départemental de la Doutsila, Guy Serge Pambou Pambou. Les textes juridiques en la matière sont éloquents surtout l’article 251 qui dispose que « les populations locales impactées par l’activité forestière dans la zone doivent bénéficier des retombées  ». L’article 149 à travers l’arrêté n°105 du 06 mai 2014 prévoit la mise en place des cahiers de charges contractuelles. Or, nombreux font fi de ces dispositions. Les opérateurs économiques tels que SHV et VPB s’efforcent à ne pas respecter la loi.

Au village Ichinga 1 près de Ndendé, Vicente Pinero Gualter n’a aucun permis forestier, mais il déclare une Concession forestière pour l’aménagement durable ‘’CFAD’’, une grave infraction lorsque tout le monde reconnait qu’il n’a aucune intention de se plier devant la loi. Un agent du Cantonnement des Eaux et forêt de la Dola confie que l’homme aurait des couvertures au ministère technique. A voir de près, personne ne veut améliorer l’action des plus hautes autorités du pays qui multiplient les campagnes de sensibilisation pour une meilleure conservation des écosystèmes de la forêt gabonaise. Selon Charles Moubeyi de l’ONG Muyissi Environnement, la sensibilisation de tous les acteurs impliqués dans la protection de l’environnement doit se poursuivre. A l’horizon, les populations rurales menacent d’ester les forestiers illégaux en justice avec l’appui de Muyissi et Conservation Justice.

Danny KOUÉLÉ TOLÉ

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