CRISE POSTELECTORALE/Les opposants auront-ils la liberté d’accueillir Jean Ping à son arrivée à Libreville ?

17 juillet 20170
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La question taraude les esprits des supporters de Jean Ping. Ces derniers se préparent à l’arrivée de leur leader mais seulement, le spectre d’une nouvelle répression violente des forces de l’ordre plane sur leur tête. La date de retour au Gabon de leur héro est encore inconnue. Pourtant, des messages galvanisants circulent déjà sur les réseaux sociaux.

Les opposants de Libreville veulent réserver un accueille chaleureux à celui qu’ils considèrent comme le véritable président du Gabon. Le week-end écoulé, une sortie de la coalition autour de Jean Ping était prévue dans plusieurs quartiers de la capitale. Jean Eyéghé Ndong, ancien premier ministre et farouche soutien de l’opposant numéro un, était avec les habitants du quartier Ambowè dans le premier arrondissement. Philibert Andzembè lui, devait animer une causerie dans la commune d’Owendo. Le point central de ces rencontres, la mobilisation le jour du retour du « président élu du Gabon » le 27 Aout 2016.

Les forces de l’ordre empêcheront encore la fête ? Le jour de l’arrivée de Jean Ping, la violence policière pourrait gâcher l’accueil chaleureux qu’envisagent ses supporters.
Le programme n’est pas encore connu mais il est fort probable que les partisans de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine se rendent nombreux à son arrivée, comme cela s’est fait en Europe et surtout en France. Cependant, l’accès au hall de l’aéroport et les alentours pourraient être interdit, comme par le passé. L’aéroport quadrillé par des agents parfois encagoulés, est fermé à tout individu ne présentant pas un billet d’avion pour justifier sa présence sur ces lieux qui se transforment ensuite en théâtre d’arrestations frisant la bavure. Au Gabon, la violence des hommes en uniforme est quasiment devenue une coutume lors des manifestations des opposants. Ces cinq dernières années, au moindre rassemblement des opposants, des syndicalistes, des commerçantes ou des élèves sur un espace public, les agents sortent tout leur arsenal de dissuasion et démontrent leur capacité de répression. A la première sortie de Jean Ping à l’étranger après l’élection présidentielle, sept policiers furent filmés à l’aéroport Léon Mba, encerclant une dame handicapée assise sur son fauteuil roulant, toute vêtue de jaune, aux couleurs de l’opposant. Il y eut plusieurs incarcérations dont celle d’un jeune debout sur le trottoir ; son délit était d’avoir brandit le drapeau gabonais.

Cependant, les forces de l’ordre pourraient aussi justifier leur présence ce jour-là en encadrant les manifestants. Cela s’est fait il y a quelques jours, lors du retour d’Ali Bongo Ondimba de Cuba. Plusieurs jeunes librevillois étaient allés exprimer leur soutien au chef de l’Etat, après son rabais dans une émission de la télévision France2. Certains autres médias avaient dévoilé que ce grand rassemblement était mensonger car ces jeunes avaient reçu de l’argent pour y assister. Aucun désagrément ne s’était alors produit. Au-delà des spéculations, ce qui est certain, c’est qu’à la descente d’avion de Jean Ping, l’impartialité des forces de l’ordre sera de nouveau mise à l’épreuve.

GMN

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