Marie-Christine Lammers et « La Voix des Oubliés » à la maison d’arrêt

14 décembre 20170
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« Je ne suis pas ce qui m’arrive, je suis ce que je choisis de devenir » FAE Port-Gentil / Gabon C’est avec un léger différé que l’Ong La Voix des Oubliés a célébré, mercredi 13 décembre, la Journée Internationale des Droits de l’Homme, commémorée le 10 décembre de chaque année. A cette occasion, l’Ong de défense des libertés s’est attaché les services de Marie-Christine Lammers, en sa qualité de psychologue, pour venir entretenir une soixantaine de détenus, femmes et jeunes, sur le thème « Comment cultiver la résilience en temps d’incertitude ? ».
(Gabonews) :

Du propos de l’intervenante, on a appris que la résilience est la capacité de l’individu à rebondir quelles que soient les circonstances de la vie. C’est, en quelque sorte, le contraire d’accepter son sort. Parce que « chacun a le droit d’avoir son rêve de bonheur  », Mme Lammers a dit être venue redonner confiance aux personnes en détention. Elle a illustré, à travers ce qu’elle a appelé « la courbe du changement  », les différents états par lesquels l’individu passe après avoir reçu un choc (perte d’emploi, décès d’un être cher.) Après le déni ou le refus, la colère, la peur, la négation, la dépression, on atteint le fond par l’état de tristesse. C’est alors qu’il faut avoir les ressources pour remonter la pente. Cela passe par l’identification de ce qui donne un sens à la vie, ce pour quoi on est prêt à se battre.

Ce n’est pas facile, a-t-elle reconnu, et il y a des résistances, surtout quand le changement nous paralyse et que nous sommes poussés hors de notre zone de confort, des habitudes et de la routine, mais ce n’est pas impossible. Cela peut être l’amour que l’on porte pour des êtres chers : la maman, les enfants, son conjoint ou sa conjointe... Alors, à travers l’acceptation, le pardon, la quête du sens, on retrouve la sérénité et la paix. Dans cette quête, les détenus doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls et que la prison est une punition qui permet de transformer une culpabilité en responsabilité. Il y a lieu, a-t-elle souligné, de se poser les bonnes questions : suis-je où je souhaitais être ? Ou dois-je diriger mon énergie et mon attention sur autre chose ? Il s’agira de libérer son potentiel en arrêtant les vieilles habitudes, en focalisant sur le temps présent, en développant de nouvelles perspectives, en étant créatif, etc.

Une communication qu’elle a conclue par une citation de Carl Gustav Jung, contemporain et ami du célèbre psychanalyste Sigmund Freud : « Je ne suis pas ce qui m’arrive, je suis ce que je choisis de devenir  ». Une communication bien accueillie, les détenus qui se sont exprimés et ont participé par leurs interventions à la séance, ont dit avoir retrouvé des raisons d’espérer en un sort autre que celui qu’il subisse aujourd’hui. La visite à la prison s’est terminée par un don de fournitures scolaires (cahiers, règles, crayons, bics, etc.) collecté auprès de l’opérateur Centr’Affaires, dans le cadre du programme de réinsertion des mineurs incarcérés.

Danny KOUELE TOLE/Fidèle AFANOU

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