Les Panthères à Franceville : et les autres provinces du Gabon ?
Depuis plusieurs mois, une situation interpelle les amoureux du football gabonais : Franceville est devenue le principal point de chute des matchs à domicile des Panthères, alors que le Gabon dispose de plusieurs grandes enceintes sportives réparties sur son territoire.
Pour les prochaines échéances internationales, la question de l’accueil des matchs ne relève toutefois pas uniquement d’un choix sportif. Elle est également liée à l’état des infrastructures et à leur homologation par la Confédération africaine de football (CAF).
En juillet 2026, la liste des stades homologués par la CAF ne comptait ainsi qu’une enceinte gabonaise : le stade de la Rénovation de Franceville. Les stades d’Angondjé, d’Oyem et de Port-Gentil n’y figuraient pas.
Une situation qui prive une partie du pays des Panthères
Le constat est simple : lorsqu’un seul stade est en mesure d’accueillir une rencontre internationale, la sélection nationale est mécaniquement contrainte d’y jouer ses matchs à domicile.
C’est actuellement le cas pour les éliminatoires de la CAN 2027. Après leur déplacement au Maroc le 25 septembre, les Panthères reçoivent le Niger ce 29 septembre au stade de la Rénovation de Franceville.
Mais derrière cette contrainte réglementaire se pose une autre question, beaucoup plus nationale : qu’en est-il des supporters de Libreville, de Port-Gentil, d’Oyem et des autres provinces ?
Le Gabon est un pays de football. Les Panthères appartiennent à l’ensemble des Gabonais, et pas à une seule ville.
Angondjé, Oyem, Port-Gentil : des stades qui ont déjà accueilli les Panthères
La situation actuelle est d’autant plus interpellante que le Gabon dispose d’infrastructures ayant déjà accueilli des compétitions internationales majeures.
Lors de la CAN 2017 organisée au Gabon, les quatre stades de Libreville, Franceville, Oyem et Port-Gentil avaient été retenus pour accueillir les rencontres de la compétition.
Autrement dit, le pays a déjà démontré qu’il était capable de faire vivre le football international dans plusieurs provinces.
Le problème aujourd’hui est donc moins celui de l’existence des infrastructures que celui de leur mise à niveau, de leur entretien et de leur homologation régulière.
Qui doit agir ?
La question mérite d’être posée sans chercher à opposer les institutions.
La FEGAFOOT a un rôle essentiel dans l’organisation du football et dans les échanges avec les instances continentales. Elle doit notamment composer avec les exigences de la CAF concernant les enceintes destinées aux rencontres internationales.
Mais la réhabilitation et la maintenance des infrastructures sportives publiques relèvent des pouvoirs publics et des structures chargées de leur gestion.
C’est donc un véritable chantier collectif qui se présente : État, ministère chargé des Sports, ONDSC, FEGAFOOT et collectivités territoriales doivent travailler à faire en sorte que plusieurs stades gabonais puissent à nouveau répondre aux exigences internationales.
Redonner les Panthères à tout le Gabon
Il ne s’agit évidemment pas de retirer à Franceville le privilège d’accueillir les Panthères.
La ville a accueilli de nombreux rendez-vous internationaux et dispose aujourd’hui du stade homologué permettant au Gabon de jouer à domicile. Mais l’objectif à terme pourrait être de réhabiliter les autres enceintes afin de permettre une véritable rotation des matchs internationaux.
Un match des Panthères à Port-Gentil, Oyem, Libreville, Mouila ou dans une autre ville serait bien plus qu’une simple rencontre sportive. Ce serait aussi un événement populaire, économique et culturel pour toute une province.
Les supporters de l’Ogooué-Maritime, du Woleu-Ntem, de l’Estuaire, de la Ngounié, de la Nyanga, de l’Ogooué-Ivindo ou de l’Ogooué-Lolo ont eux aussi envie de voir les Panthères évoluer devant leur public.
Un enjeu qui dépasse le football
La question des stades ne devrait donc pas être considérée uniquement sous l’angle de l’organisation des éliminatoires.
Elle touche également à la décentralisation du sport, à l’entretien du patrimoine sportif national et à l’accès des populations aux grands événements.
Le Gabon a déjà accueilli la CAN à plusieurs endroits de son territoire. Les quatre enceintes de Libreville, Franceville, Oyem et Port-Gentil avaient servi lors de la CAN 2017.
Pourquoi ne pas travailler à retrouver cette capacité ?
Franceville peut continuer à accueillir les Panthères. Mais l’ambition devrait être que demain, plusieurs villes gabonaises puissent à nouveau dire : « Les Panthères arrivent chez nous. »
Car une équipe nationale porte les couleurs d’un pays tout entier. Et lorsque les infrastructures le permettent, le spectacle national devrait pouvoir aller à la rencontre de tous les Gabonais.
Freid KOUMBA






