2023 : l’année du saint Oligui

29 décembre 20230
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Depuis la destitution d’Ali Bongo, le 30 août 2023 par les forces nationales de défense, rassemblées autour du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), le ciel semble moins sombre à Libreville. Coup d’État ou acte de libération des Bongo, qui ont opprimé le Gabon pendant 60 ans, la lecture de cet événement ne se limite qu’à une simple nuance.

Et pour se libérer d’un demi-siècle du nom "Bongo", ce n’est pas facile. À qui le diriez vous ici au Gabon. Pour y arriver, le CTRI utilise ses propres méthodes (sans m’avancer dessus). Pourtant, l’euphorie est bien derrière nous et les récentes actualités nous prouvent à suffisance qu’il a besoin de mieux communiquer sur les enjeux de cette Transition, que beaucoup semble ne pas comprendre.

À côté de ce travail, il y a des faits. De récents événements font mention de dérives militaires ou simples tentatives de sabotage de l’action du CTRI, on s’interroge. Les cas de décès signalés à l’occasion de violences de forces de défense sur des citoyens en situation de non-respect du couvre-feu (les enquêtes sont en cours.), cristallisent les débats sur la toile, et même au quartier. Il ne faut pas trop "mettre les organes" dedans, le temps nous servira de baromètre pour qualifier ou non la récurrence d’abus d’autorité durant cette transition. Pour le moment, on s’aligne aux déclarations du Porte-parole du CTRI, qui tendent à donner la direction à suivre.

Tout est (donc) pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, disait Pangloss dans Candide ou l’optimisme de Voltaire. Le Général s’offre une tournée "Républicaine", comme un vent de précampagne dans le Gabon. Là-bas, auprès des populations, le contact est direct et franc. 

Beaucoup de place à l’émotion et on assiste même à des minies séquences de "dérapage" de la langue de Molière, affirme une certaine opinion. Le bain de foule, le brouhaha des sifflets et la joie sont encore immenses face au Moise Gabonais, que dis-je à notre De Gaule version africaine. Pourquoi voulez-vous (lui) imposer le vote ? Le Général Oligui est adulé et aimé de tous (je l’écris, sans émotion.).

Preuve de cet attachement si fort, des villes du pays recouvertes de posters géants présentant (à nouveau) le Patron du bord de mer. Un bel acte de dévotion envers notre libérateur du 30 août 2023. Tout comme le chronogramme de la Transition, ce culte de la personnalité devra prendre fin (on l’espère.) en août 2025 pour laisser place à l’élection présidentielle, qui s’annonce plus «  Oliguiste » qu’élitiste (suivez mon regard.).

Pause.
Et le rôle des médias dans tout ça ?

Écoutez, on (re)découvre cette forme de libéralisation, née avec le coup d’État. Vous l’aurez compris, qu’elle se manifeste par cette liberté d’expression (relative) qui me permet de vous écrire tout ceci. J’ose croire que je ne finirai pas l’année avec un «  Covo », comme les syndicalistes de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).

Bonne année à vous.
Boursier TCHIBINDA

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