"À ceux qui construisent aujourd’hui, retenez bien les leçons de l’histoire"
J’espère sincèrement que les nouveaux acteurs politiques, et particulièrement ceux qui ont accompagné la création de notre parti UDB, ne tomberont pas dans les mêmes pièges que ceux que nous avons autrefois dénoncés.
Il faut savoir distinguer les espaces, les responsabilités et les institutions. Même si l’UDB est le parti fondé par le Président de la République, cela ne signifie pas que les deux fonctions doivent se confondre.
Le Président fondateur peut recevoir les militants de son parti, échanger avec eux, écouter leurs préoccupations et discuter de la vie de leur formation. Mais ces rencontres partisanes ont naturellement leur place au siège du parti, au Secrétariat général ou au cabinet politique du Président fondateur.
La Présidence de la République, en revanche, est une institution de l’État. Elle appartient à tous les Gabonais, sans distinction d’appartenance politique. On ne s’y rend pas pour afficher les couleurs de son parti ou régler des questions internes de positionnement politique.
C’est précisément pour cela qu’il faut distinguer les audiences institutionnelles des rencontres partisanes.
Lorsqu’il s’agit de questions relatives à la Constitution, au Code électoral, à l’organisation des élections, à la répartition des sièges, à la gouvernance ou aux textes qui régissent la vie politique nationale, la Présidence peut naturellement être le cadre d’échanges, puisque ces sujets relèvent de l’organisation et du fonctionnement de l’État.
Mais lorsqu’il s’agit de la vie interne d’un parti, de ses militants, de ses orientations ou de la préparation de son congrès, le cadre partisan doit être privilégié.
Ce n’est pas une question de concurrence entre le PDG et l’UDB, encore moins une volonté d’exclure qui que ce soit. C’est une question de principes et de maturité institutionnelle.
Ne reproduisons pas demain ce que nous avons reproché hier à l’ancien système : la confusion entre le parti, l’État et les institutions de la République.
La véritable rupture ne se mesure pas uniquement aux hommes qui changent de camp ou aux partis qui changent de nom. Elle se mesure surtout à notre capacité à changer les pratiques.
L’UDB doit pouvoir construire son identité et son organisation sans chercher à confondre son espace partisan avec celui de l’État. Et la Présidence doit rester la maison de tous les Gabonais.
C’est aussi cela, bâtir une République solide.
Justine LEK






