La symphonie des paradoxes de fin d’année

1er janvier 20250
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Nous voici parvenus au moment des masques, ce moment où les mots, drapés d’une tendresse illusoire, s’enfoncent comme des lames acérées dans les interstices béants de nos silences. Le moment où l’hypocrisie, parée de ses éclats trompeurs, trône souveraine sur le bal des faux-semblants. Voici l’heure des refrains vides, cette litanie mécanique d’un « Bonne année » sans chair ni souffle, murmuré à ceux que l’on a ignorés, crié à celles que l’on a laissées sombrer dans l’ombre, au long des jours et des saisons.

Et pourtant, sous la cendre encore tiède des banalités, je perçois une vibration, ténue mais obstinée : celle d’une vérité nue, blessée mais vivante, qui s’élève et nous convoque. Que vaut un mot lorsqu’il naît du conformisme et non de l’ardeur des cœurs ? Que vaut cette chaleur factice qui, prétendant rassembler, divise et fige ? Car en cherchant à étreindre le monde, nous délaissons l’intime ; en nous attachant à l’apparat, nous engendrons le vide.

Le monde, ce théâtre où chaque acteur s’épuise à réciter des textes apprêtés, efface les silences profonds pour les couvrir du fracas d’un « Bonne année ! » lancé comme une poignée de grains stériles sur un sol aride. Ces mots, ne les entendez-vous pas résonner comme des tambours fêlés, trahissant leur vacuité ? Ce moment, ne le voyez-vous pas se consumer, tel un astre en exil, privé de sa lumière par la lourdeur de nos hypocrisies ?

Et pourtant, dans la densité opaque de ce moment, une fissure se dessine, fragile et vibrante. Derrière les gestes empruntés, il arrive qu’une main, hésitante mais sincère, se tende vers l’autre. Un mot, même malhabile, peut rallumer la flamme d’un lien effacé. Une étincelle suffit pour réchauffer l’aride ; un souffle, pour réenchanter l’inerte. Car le véritable drame ne réside pas dans la fausseté des paroles, mais dans le silence glacial des cœurs endormis.

Alors, à vous qui me lisez, je tends ces mots comme une offrande, comme une prière au souffle neuf : que l’année 2025 soit une terre fertile, un horizon d’espoir où chaque parole, chaque geste, jaillisse d’une humanité profonde, sincère et réconciliée.

Eugène-Boris ELIBIYO,
votre prochain, au sens biblique
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