Le Ntem à l’épreuve de l’histoire : quelle vision pour la future présidence de l’Église Évangélique du Gabon ?

6 juin 20260
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À l’approche de la prochaine élection à la présidence de l’Église Évangélique du Gabon (EEG) pour les quatre prochaines années, une réalité s’impose : selon le principe de gouvernance qui guide notre institution, le tour revient à la région synodale du Ntem de proposer celui qui pourrait conduire l’Église durant les prochaines années.

Cette perspective est à la fois un honneur et une responsabilité. Un honneur pour le Ntem, dont l’histoire est intimement liée à celle de l’implantation et du développement de l’œuvre évangélique dans notre pays. Une responsabilité, parce qu’il ne s’agit pas simplement de désigner un fils du Ntem, mais de proposer à toute l’Église un homme capable de porter une vision, de rassembler les fidèles et de renforcer la crédibilité de notre institution.

Car lorsque l’histoire frappe à la porte d’un peuple, ce n’est pas l’ambition qui doit répondre, mais la responsabilité. Et le moment que traverse aujourd’hui le Ntem est précisément de ceux qui exigent davantage de discernement que de passions, davantage de sagesse que de calculs, davantage de hauteur de vue que de considérations personnelles.

Avant toute chose, le moment appelle à la lucidité. Il invite chacun à l’introspection et à un examen sincère de conscience. Les ambitions sont légitimes lorsqu’elles sont portées par le désir de servir. Elles deviennent cependant préoccupantes lorsqu’elles prennent le pas sur l’intérêt supérieur de l’Église.

Ceux qui aspirent à la plus haute charge ecclésiastique devraient d’abord s’interroger eux-mêmes : quel a été mon apport réel à l’Église ? Quel héritage ai-je laissé dans les responsabilités qui m’ont été confiées ? Mon parcours témoigne-t-il d’une capacité à unir, à construire et à faire grandir l’œuvre de Dieu ?

Cette réflexion doit également conduire l’ensemble de la communauté à examiner avec objectivité les mandats écoulés. Sur le plan organisationnel, quels progrès avons-nous accomplis ? Sur le plan spirituel, quelles avancées durables ont marqué la vie de l’Église ?

Sur le plan infrastructurel, quelles réalisations témoignent d’une vision de long terme ? Sur le plan humain, avons-nous renforcé la fraternité, encouragé les vocations, formé les responsables et consolidé l’unité de notre communauté ?

Ces interrogations ne visent ni à condamner ni à glorifier qui que ce soit. Elles doivent nous permettre d’apprendre de notre histoire afin d’envisager mieux que ce qui a été vu jusqu’alors.

Car le véritable enjeu n’est pas de reproduire l’existant, mais de préparer l’avenir. C’est précisément cette ambition de progrès, de consolidation et de rayonnement qui devrait guider le choix de notre futur premier des bergers.

Les filles et les fils du Ntem se connaissent et se reconnaissent. Ils savent distinguer ceux dont l’engagement s’inscrit dans la durée de ceux qui se sont davantage illustrés par l’activisme et le besoin permanent d’exister sur la scène ecclésiale.

Ils savent également reconnaître ceux dont les préoccupations semblent davantage orientées vers la recherche du bien-être matériel ou des avantages liés aux responsabilités.

Ils connaissent enfin ces hommes, parfois plus discrets, qui consacrent leurs forces à l’édification profonde de l’Église, à l’accompagnement des fidèles, à la formation spirituelle et au renforcement des institutions.

Il serait donc regrettable que l’heure du choix soit dominée par les stratégies, les positionnements ou les spéculations. Une Église de la stature de l’EEG mérite mieux que cela. Elle mérite que ses responsables soient choisis à l’aune de leur capacité à servir, à fédérer et à porter une vision qui dépasse leurs intérêts propres.

L’Église Évangélique du Gabon n’est pas une organisation ordinaire. Elle est porteuse d’une histoire, d’un héritage spirituel, d’une crédibilité morale et d’une responsabilité sociale qui dépassent largement les personnes appelées à la diriger.

Son président doit être à la hauteur de cette mission. Il doit comprendre que la stabilité institutionnelle, la crédibilité publique, la vitalité spirituelle et le rayonnement de l’Église constituent un patrimoine collectif qu’il convient de préserver et de renforcer.

Le Ntem est large et profond. Sa richesse ne réside pas seulement dans son étendue ou dans le nombre de ses fidèles, mais dans la qualité des femmes et des hommes qu’il a formés au fil des générations.

C’est pourquoi les fils du Ntem appelés à siéger au Conseil National devront y entrer avec un sens élevé de leur responsabilité. Non pour nourrir les rumeurs, alimenter les spéculations ou défendre des intérêts particuliers, mais pour entretenir un débat qui fait avancer l’Église, qui transforme les mentalités, qui élève la qualité de la gouvernance et qui prépare les générations futures à porter plus haut encore l’étendard de l’EEG.

Le rendez-vous qui se présente aujourd’hui n’est donc pas celui d’un homme avec une fonction. Il est celui d’une région avec son histoire, d’une Église avec son avenir et d’un peuple de foi avec ses responsabilités.

Puisse le Ntem être à la hauteur de cette espérance en proposant à l’Église Évangélique du Gabon un serviteur dont la vision, l’intégrité, la sagesse et l’esprit de rassemblement permettront d’ouvrir une nouvelle étape de croissance, de stabilité et de rayonnement pour notre institution.

Car lorsque l’histoire frappe à la porte d’un peuple, la plus belle réponse demeure toujours celle de la responsabilité.

A/E Eugène-Boris ELIBIYO /MT

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