Lettre ouverte aux Forces pastorales de la Région Synodale du Ntem
Libreville, le 25 octobre 2026- Appel à l’unité et au consensus pour la présidence de l’Église Évangélique du Gabon (EEG)
À l’attention des Révérends Pasteurs Ovono Menie Moïse, Brice Okoue Ondo, Jean Louis Zang Medzo, Jean Daniel Allogo Essimgane, Esaï Zue Moto et Benjamin Belui Ondo.
Révérends Pasteurs, chers frères en Christ, chers fils et filles du Ntem,
En ce dimanche matin, je voudrais simplement nous inviter à prendre un moment de recul et à nous poser les bonnes questions. Que le Seigneur, Maître des temps et des circonstances, éclaire nos cœurs et nous aide à faire les choix qui serviront véritablement notre Église.
Avons-nous perdu de vue l’essentiel ? À force de nous laisser entraîner dans des querelles et des rivalités, ne sommes-nous pas en train de passer à côté de ce qui devrait nous unir ? Nous nous sommes parfois comportés comme des chiens auxquels on jette des os sous la table, alors même que la viande leur était destinée. Pendant que nous nous disputions autour de ces os, nous risquions de perdre de vue l’essentiel.
Il faut également avoir le courage de regarder une réalité en face : le Ntem est souvent devenu un terrain d’expression pour des forces venues d’ailleurs, qui cherchent à y mesurer leur influence, à éprouver leur légitimité ou à démontrer leur pouvoir. C’est parfois ici que les rapports de force se nouent ou se dénouent, au gré des alliances et des positionnements.
Mais le Ntem ne saurait être réduit à un simple terrain de confrontation pour des intérêts qui le dépassent. Ne laissons aucune place aux manœuvres extérieures susceptibles d’instrumentaliser nos divisions ou de détourner notre attention de l’objectif commun. Restons ouverts au dialogue, mais gardons la maîtrise de nos choix et la liberté de nos décisions.
L’Écriture nous met d’ailleurs en garde contre les conséquences de la division. Dans Marc 3,24-25, Jésus rappelle qu’un royaume divisé contre lui-même ne peut subsister et qu’une maison divisée contre elle-même ne peut tenir. Cette parole mérite toute notre attention. Si nous laissons nos rivalités prendre le dessus, nous risquons d’affaiblir nous-mêmes la Région synodale du Ntem et de compromettre sa capacité à défendre ses intérêts légitimes. Notre plus grande force ne réside pas dans le nombre de nos ambitions, mais dans notre capacité à nous accorder sur l’essentiel.
Aujourd’hui, nous avons compris les mécanismes de cette diversion. Il est donc temps de nous ressaisir, de dépasser nos frustrations et de reprendre l’initiative. Le Ntem ne signifie pas « blocage », mais « profondeur et étendue » : « Édock ya ndam » ! Cette identité doit nous inspirer et nous rappeler que nous sommes capables de voir plus loin que nos intérêts personnels.
C’est dans cet esprit que je m’adresse particulièrement aux Révérends Pasteurs Ovono Menie Moïse, Brice Okoue Ondo, Jean Louis Zang Medzo, Jean Daniel Allogo Essimgane, Esaï Zue Moto et Benjamin Belui Ondo. Vous avez frappé à la porte du Conseil national et, chacun à votre niveau, vous êtes désormais au cœur de cette dynamique. Vous avez donc une responsabilité importante : celle de contribuer à faire émerger une solution rassembleuse pour le Ntem.
Je vous invite fraternellement à vous parler sincèrement, à dépasser les ambitions personnelles et à rechercher ensemble un terrain d’entente. Le moment n’est-il pas venu de nous accorder sur un frère capable et prêt à assumer la présidence de l’EEG ? Le leadership ne consiste pas seulement à vouloir diriger. Il suppose aussi de savoir écouter, rassembler et, parfois, mettre ses propres ambitions de côté pour préserver l’unité.
À vous, fils et filles du Ntem, je lance également cet appel : retrouvons-nous, resserrons nos rangs et refusons que nos divergences nous éloignent davantage. Nous pouvons avoir des sensibilités différentes sans devenir des adversaires. Le psalmiste nous rappelle dans Psaume 133,1 : « Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! » Cette parole nous invite à faire de la fraternité une réalité vécue, et non un simple discours.
Notre unité ne signifie pas que nous devons penser tous de la même manière, mais que nous devons être capables de nous retrouver autour d’un objectif supérieur à nos intérêts particuliers.
Il est encore temps de faire le choix du dialogue, de la sagesse et du rassemblement. Ne laissons pas les divisions décider à notre place. Donnons-nous plutôt les moyens de construire, ensemble, une issue qui honore le Ntem et contribue au rayonnement de notre Église.
Unis, autour d’un nom, pour l’avenir de notre église !
Le Ntem porte en lui la profondeur de la pensée, l’étendue de la vision et la force du rassemblement. Nous avons les hommes, les ressources et la capacité de relever ce défi. Il nous reste à trouver la volonté de nous entendre.
Le Ntem en est capable. À nous de le démontrer !
Que le Seigneur nous donne l’humilité de nous écouter, la sagesse de nous comprendre et le courage de privilégier l’intérêt supérieur de son Église.
Dans un esprit de fraternité chrétienne et d’attachement à l’unité de notre Église.
A/E. Eugène-Boris ELIBIYO, votre frère et fils






