Ma page, ma liberté de penser et mon engagement citoyen.

12 octobre 20260
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Il y a des choses qu’il est parfois utile de rappeler, non pas pour se justifier, mais pour clarifier les choses. Cette page Facebook ne date pas de mon entrée en politique. Bien avant de devenir députée, j’utilisais déjà cet espace pour partager des réflexions, vulgariser des connaissances, sensibiliser les citoyens et contribuer au débat public.

Ma page est un espace pédagogique et intellectuel. J’y aborde des sujets économiques, juridiques, scientifiques, philosophiques et citoyens. J’y partage des connaissances, j’explique des mécanismes parfois complexes, je rappelle les droits des citoyens et je contribue, à mon niveau, à l’éducation populaire.

Être députée n’a pas effacé la personne que j’étais avant d’accéder à cette fonction. Je reste une femme qui aime lire, apprendre, explorer les idées, écrire, analyser et partager ses connaissances. Je ne suis pas obligée de renoncer à cette passion parce que j’exerce désormais un mandat politique.

Oui, je peux critiquer une décision gouvernementale lorsqu’elle me paraît discutable, notamment lorsqu’il est question de gouvernance ou de gestion des ressources publiques. Mais je ne me contente pas de critiquer : j’essaie toujours, autant que possible, d’apporter des pistes de réflexion et des recommandations. C’est aussi cela, contribuer à l’amélioration de l’action publique.

Je considère que la loyauté envers les institutions et le respect de la hiérarchie ne signifient pas renoncer à son esprit critique. On peut soutenir une vision politique, respecter le chef de l’État et demeurer attaché à la bonne gouvernance, à la transparence et à l’intérêt général. Ces exigences ne sont pas contradictoires.

Je constate d’ailleurs que les réflexions partagées sur cette page suscitent de l’intérêt, y compris auprès de personnes qui y trouvent matière à réflexion pour leurs propres travaux. J’en suis heureuse : si une idée peut être utile au pays, elle doit pouvoir circuler et contribuer au débat collectif.

En revanche, je m’interroge sur cette curieuse énergie que certains déploient, semble-t-il, non pas pour discuter directement avec moi de leurs désaccords, mais pour commenter mon activité sur les réseaux sociaux auprès d’autres personnes. Si une publication pose problème, il existe pourtant une démarche simple : venir en parler avec moi, franchement et directement.

Je ne suis pas dans une logique de confrontation. Je n’ai aucune difficulté à échanger avec ceux qui ne partagent pas mes opinions. Mais je ne sacrifierai pas ma liberté de réflexion pour rassurer ceux que l’existence d’une voix indépendante semble déranger.

Je ne suis pas obligée de fréquenter les mêmes lieux que tout le monde pour exister. Je suis plutôt casanière, et cet espace est aussi pour moi un lieu d’évasion intellectuelle, de partage et d’apprentissage. Chacun a sa manière de se divertir ; la mienne passe aussi par les idées, les mots et la connaissance.

Je ne fermerai donc pas cette page pour satisfaire des susceptibilités, répondre à des interprétations malveillantes ou me conformer à des attentes qui ne correspondent pas à ce que je suis.

Je suis députée, certes, mais je demeure une citoyenne, une économiste, une femme de réflexion et une personne qui considère que le savoir doit être partagé.

Mon mandat ne m’interdit ni de penser, ni d’écrire, ni d’expliquer, ni de questionner. Au contraire, il renforce ma responsabilité de contribuer à l’éveil citoyen et à la qualité du débat public.

Je continuerai donc à partager, à expliquer, à apprendre et à faire apprendre. Non pour plaire, non pour provoquer, mais parce que je crois profondément à la valeur des idées et à la nécessité d’une citoyenneté éclairée.

On peut surveiller mes publications, les commenter ou les contester. Mais on ne peut pas me demander de renoncer à ce qui fait partie de mon identité intellectuelle.
Je préfère toujours un désaccord exprimé en face à une critique murmurée dans les couloirs. Le débat franc élève ; les manœuvres de coulisses n’apportent rien à la République.

Et si cette page peut aider un citoyen à mieux comprendre ses droits, un jeune à s’intéresser à l’économie, un responsable à repenser une politique publique ou simplement une personne à découvrir une nouvelle idée, alors elle aura pleinement rempli sa mission.

Je continuerai à faire de cet espace un lieu de réflexion, de connaissance et de sensibilisation. Parce que servir son pays, c’est aussi contribuer à former des citoyens qui comprennent, qui réfléchissent et qui savent questionner.

Justine LEKOGO

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