"Un jeune Gabonais a récemment perdu la vie à la suite d’un conflit foncier"
Vous avez constaté que, récemment, en tant que député, j’ai voté contre la réforme foncière. Ce vote n’était pas un refus du changement, encore moins un rejet de l’investissement. Il traduisait une conviction profonde : aucune réforme foncière ne peut réussir si elle ne responsabilise pas tous les acteurs de la chaîne de délivrance des titres fonciers.
Le véritable problème réside dans les dysfonctionnements qui permettent parfois que des procédures soient engagées ou validées au mépris des droits de personnes qui occupent déjà légalement des terrains ou qui ont engagé des démarches administratives bien avant. Lorsque ces situations ne sont pas traitées avec transparence et équité, elles créent des conflits qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Mon vote visait donc à appeler à la mise en place de garde-fous solides afin que chaque responsable administratif, quel que soit son niveau, exerce sa mission dans le respect de la loi et de l’intérêt général. Servir l’État, c’est protéger les droits des citoyens, garantir l’impartialité de l’administration et renforcer la confiance dans nos institutions.
L’actualité nous rappelle malheureusement les conséquences humaines de ces défaillances. Un jeune Gabonais a récemment perdu la vie à la suite d’un conflit foncier. Au-delà des circonstances précises de cette affaire, ce drame doit nous interpeller collectivement. Chaque conflit foncier non résolu est le signe d’un système qui doit être renforcé afin que la justice, la transparence et la sécurité juridique prévalent.
Je tiens également à être très clair : les investisseurs ne sont pas nos adversaires. Les investisseurs sérieux recherchent avant tout un environnement stable, des règles claires, une administration crédible et une justice impartiale. Ils n’ont aucun intérêt à investir dans un climat où règnent l’insécurité juridique, les conflits de propriété ou les soupçons de fraude.
En renforçant la transparence et en luttant contre les irrégularités, nous ne faisons pas fuir les investisseurs ; nous attirons au contraire les meilleurs d’entre eux, ceux qui souhaitent construire des partenariats durables avec notre pays. À l’inverse, si nous tolérons les pratiques irrégulières, nous risquons d’attirer des acteurs opportunistes dont les intérêts ne coïncident pas avec ceux de la nation.
Le développement économique du Gabon repose sur deux piliers indissociables : l’ouverture aux investissements et le respect de l’État de droit. L’un ne peut durablement exister sans l’autre. C’est dans cet esprit que j’ai voté, et c’est dans cet esprit que je continuerai à défendre une réforme foncière qui protège à la fois les citoyens, les investisseurs et l’avenir de notre pays.
Je dis ça mais je ne dis rien.
Honte à nous !
Mes sincères condoléances à la famille du jeune homme .
He Justine Judith LEKOGO






