"Votre fils et vous avez exercé une influence considérable sur l’État à un moment où le président Ali Bongo était gravement malade"
Venir aujourd’hui pleurnicher sur une chaîne de télévision comme France 24 pour raconter que vous auriez été torturée avec votre fils Noureddine Bongo, relève d’une profonde ironie de l’histoire.
Madame Sylvia Bongo,
Avez-vous oublié que le système qui vous aurait, selon vous, fait subir ces traitements est précisément le système que votre mari a mis en place et que vous avez vous-même contribué à faire fonctionner pendant des années ?
Pensez-vous réellement qu’en si peu de temps, le général libérateur Brice Clotaire Oligui Nguema aurait pu démanteler un appareil de répression que votre famille a installé et entretenu pendant des décennies ?
Pour beaucoup de Gabonais, vos déclarations sont difficiles à entendre. Car pendant plus de quatorze ans, nombre de citoyens ont subi humiliations, injustices, persécutions et traitements indignes sous votre régime.
C’est pourquoi plusieurs Gabonais envisagent aujourd’hui de recenser toutes les victimes de ce système afin que la vérité soit établie et que les responsabilités soient clairement situées.
Mais au-delà de vos déclarations médiatiques, certaines questions demeurent et continuent d’habiter la mémoire collective des Gabonais.
Parlons d’un nom qui reste gravé dans l’histoire récente du pays : Brice Laccruche Alihanga. Ce nom vous dit-il quelque chose ? Vous rappelle-t-il un moment particulier de votre pouvoir ?
Au moment où le Gabon traversait une période d’incertitude profonde, après la maladie du président Ali Bongo Ondimba, vous avez choisi ce jeune Gabonais pour jouer un rôle déterminant dans la gestion de cette crise politique.
Il s’est exposé publiquement, il s’est battu politiquement, il a mobilisé des milliers de Gabonais à travers le mouvement AJEV – la Vague Bleue, dans l’objectif de préserver votre pouvoir et de maintenir la stabilité du régime.
Par son engagement, il a réussi à canaliser une grande partie de la colère populaire. Beaucoup de Gabonais voyaient en lui un homme accessible, généreux et engagé.
Mais lorsque la situation vous a semblé stabilisée, lorsque vous avez estimé que toutes les menaces contre votre pouvoir étaient écartées, vous l’avez abandonné et sacrifié.
Après tous les services rendus, quel sort lui a été réservé ?
L’humiliation.
La prison.
La déchéance.
Pendant son incarcération à la prison centrale de Libreville, il a subi des épreuves extrêmement dures. Sa santé s’est gravement détériorée : perte de poids, problèmes de vue, problèmes auditifs et autres complications médicales qui continuent aujourd’hui encore de nécessiter des soins entre le Gabon et la France.
Avez-vous seulement pensé à sa famille ?
À ses enfants ?
À sa femme ?
Ou considériez-vous qu’un homme qui vous avait pourtant servi devait simplement être effacé ?
Aujourd’hui, vous vous présentez comme victime. Mais beaucoup de Gabonais se souviennent des injustices vécues pendant ces années-là.
Vous dites avoir souffert en quelques mois. Pourtant, sous votre influence et celle de votre entourage, des milliers de Gabonais ont vécu l’injustice pendant des années.
Votre fils et vous avez exercé une influence considérable sur l’État à un moment où le président Ali Bongo était gravement malade. Durant cette période, beaucoup estiment que le pays a été dirigé dans l’opacité, avec des décisions contestées et des dérives qui ont profondément marqué la société gabonaise.
Aujourd’hui, vous tentez de vous présenter comme victime devant l’opinion internationale. Mais la mémoire des peuples est longue.
Si un jour une véritable confrontation médiatique devait avoir lieu entre vous et certaines des personnes qui ont souffert sous ce système — y compris Brice Laccruche Alihanga — peut-être que les Gabonais et le monde entier comprendraient mieux ce qui s’est réellement passé.
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : le Gabon avance désormais vers une nouvelle page de son histoire.
Nous devons rester vigilants et unis afin de protéger notre pays contre toutes les tentatives de manipulation ou de division.
Gabonais, restons mobilisés pour préserver la paix, la vérité et la souveraineté de notre nation.
Armand DAGRAÇA TCHITEMBO, citoyen gabonais






