"Affaire Bilie-By-Nze : "quand la justice devient une arme contre le droit" dixit Michel Ongoundou Loundah
Dans un libre propos intitulé « Quand la justice devient une arme contre le droit », publié il y a quelques jours, Michel Ongoundou Loundah fait un réquisitoire contre ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la justice à propos de l’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Il accuse, dénonce et alerte l’opinion sur d’éventuelles dérives.
Michel Ongoundou Loundah, acteur politique gabonais et président de REAGIR, n’a pas manqué de réagir, comme bien d’autres, avant, pendant et après lui. Il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Dans le texte dont il est l’auteur, l’homme politique interpelle et accuse, tout en remettant en cause les raisons évoquées qui ont conduit l’ancien Premier ministre derrière les barreaux. « Assez ! Assez de faux-semblants, assez de contorsions, assez de ce théâtre grotesque où l’on travestit la violence d’État en procédure et l’arbitraire en justice », lance-t-il.
Pour lui, l’affaire « Bilie-By-Nze » n’est pas une bavure isolée, mais l’illustration d’un système bien huilé. « L’affaire Bilie-By-Nze n’est pas un accident. C’est une démonstration brutale de ce qu’il reste d’un État lorsque le droit n’est plus qu’un habillage, un alibi, un accessoire que l’on exhibe quand cela arrange — et que l’on piétine quand il gêne », dénonce-t-il.
L’affaire fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le leader du parti politique REAGIR ne cesse d’exprimer son indignation. Aussi, ne cesse-t-il de s’interroger sur les emprisonnements préventifs : « Depuis quand une enquête précède-t-elle la preuve par la prison ? Depuis quand la privation de liberté devient-elle un outil d’investigation ? On ne cherche plus la vérité : on fabrique une culpabilité. »
De la frustration à l’indignation, Michel Ongoundou Loundah accuse le parquet : « Et pendant ce temps, le parquet parle. Il parle beaucoup. Trop. Il détaille, il expose, il suggère, il oriente. Il livre à l’opinion publique un récit déjà construit, prêt à être consommé. »
Michel Ongoundou Loundah refuse de se taire face à l’injustice. « Et il faudrait se taire ? [...] Non. Le silence, ici, n’est pas de la prudence. C’est une abdication. Une complicité passive ». Et d’ajouter, avec une rhétorique interpellative dont il a l’habitude : « Aujourd’hui, c’est un ancien Premier ministre. Demain, ce sera qui ? » Et de conclure : « Quand le droit devient optionnel, plus personne n’est à l’abri. Quand la justice se met au service d’autre chose qu’elle-même, elle cesse d’être une justice. Elle devient une arme. »
MATSOMBI






