Du PDG à l’UDB-CTRI : les nouvelles autorités sous le feu des critiques*
Dans une tribune publiée par notre confrère leradar.ga, l’ancien Sénateur Michel Ongoundou Loundah dénonce les récentes violations des droits humains au Gabon.
À travers une analyse sans concession, l’homme politique dresse un parallèle saisissant entre les dérives d’hier et les pratiques d’aujourd’hui, constatant avec amertume que le changement de régime n’a pasmis fin aux vieux démons de l’autoritarisme.
Un bégaiement de l’histoire : des méthodes inchangées
Pour Michel Ongoundou Loundah, le constat est implacable : le pouvoir actuel, malgré ses promesses de rupture, semble s’enfoncer dans les mêmes travers que l’ancien régime.
Les acronymes changent, mais la logique de gouvernance reste identique. Il écrit à ce propos : « Au Gabon, l’histoire ne se contente pas de bégayer, elle avance en boucle. Les visages et uniformes changent, les acronymes – PDG, CTRI, UDB se renouvellent, mais les méthodes, elles, demeurent d’une troublante constance. Derrière le vernis du "renouveau" et les promesses d’une "transition exemplaire" portées par le CTRI, on voit resurgir les mêmes réflexes brutaux et autoritaires qui ont fait les sombres heures du PDG. »
L’histoire semble en effet bégayer à l’occasion des rendez-vous diplomatiques à Paris. En juillet 2011, la visite officielle d’Ali Bongo en France avait poussé le député écologiste Yannick Jadot à fustiger la dérive dictatoriale du régime.
En réponse, la machine propagandiste du PDG avait crié à « l’ingérence étrangère ». Plus d’une décennie plus tard, à l’approche de la visite d’Oligui Nguema, le scénario se répète : c’est désormais le parlementaire écologiste Jean-Louis Roumégas qui interpelle Paris sur la situation délétère des droits humains au Gabon, ciblant notamment le cas d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Face à ce constat, l’auteur note que « l’UDB semble inexorablement dupliquer en pire les méthodes liberticides de son ancêtre le PDG ».
Le déni face aux alertes internationales
L’article met en lumière le fait que les critiques ne proviennent plus seulement de l’opposition interne, mais d’un faisceau convergent d’institutions internationales et de médias respectés.
Le refus du pouvoir d’écouter ces signaux affaiblit sa propre crédibilité sur la scène internationale : « Ce mimétisme entre l’ancien et le prétendu nouveau régime ne relève plus du simple procès d’intention : les alertes extérieures s’accumulent. D’un côté, le Comité contre la torture des Nations unies s’inquiète de la persistance de la torture et autres mauvais traitements dans les centres de détention gabonais. De l’autre, le prestigieux quotidien britannique The Guardian s’alarme du rétrécissement drastique de l’espace démocratique. »
Selon Michel Ongoundou Loundah, cette convergence disqualifie d’office la rhétorique habituelle de l’ingérence. Il s’agit, selon ses mots, d’un « signal d’alarme global adressé à un pouvoir qui, à l’instar du PDG en son temps, semble plus préoccupé par le cosmétique de son image que par le traitement des dérives de fond ».
Climat de peur et risques de contestation future
Sur le plan intérieur, la tribune décrit une atmosphère de plus en plus lourde où la liberté d’expression s’amenuise, contraignant la population à se réfugier dans l’ironie pour supporter la réalité quotidienne.
L’ancien sénateur avertit le pouvoir actuel du danger de l’aveuglement politique : « Pendant ce temps, à Libreville et à l’intérieur du pays, le climat se glace. Les citoyens apprennent à peser chaque mot, à contourner certains sujets et à s’autocensurer sur les réseaux sociaux [...]. C’est désormais par un humour grinçant — ultime refuge face à l’absurde — que les Gabonais tournent en dérision leur liberté confisquée. [...] En qualifiant toute critique de crime de lèse-majesté et toute contradiction d’affront, le pouvoir UDB-PDG-CTRI commet la même erreur politique que le régime d’Ali Bongo : elle fabrique elle-même le lit de la contestation future. »
En conclusion, Michel Ongoundou Loundah rappelle que le coup d’État du 30 août 2023 avait suscité un immense espoir de renouveau démocratique, et non une simple réécriture des anciennes méthodes.
Il termine sa réflexion sur une mise en garde philosophique et politique majeure : « à force de vouloir faire taire toutes les voix, c’est le silence lui-même qui finit par devenir la plus assourdissante des accusations ».
RDB






