FORUM CITOYEN DE LIBREVILLE : La société civile exige plus de responsabilité de la part des gouvernants
Au démarrage des discussions retenues pour le Forum Citoyen de Libreville, le premier débat a réuni acteurs de la société civile gabonaise( Marc Ona Essangui de l’ONG Brainforest, Georges Mpaga du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon), des hommes politiques (Alain-Claude Billie Bi Nzé, Ministre de la communication et porte parole du gouvernement gabonais, Jean-Valentin Leyama, directeur de cabinet adjoint du président de la République gabonaise) et la directrice Afrique de Transparency International, Chantal Uwimana.
Autour de la thématique :Elu, citoyen : qui décide ? Les défis de la démocratisation, les représentants de la société civile gabonaise se sont épanchés à travers des envolées lyriques pour dire le mal de la démocratie gabonaise. Pour ces défenseurs des libertés fondamentales, l’enjeu prioritaire démocratiques au Gabon et comme partout dans le continent d’ailleurs, est d’instaurer la liberté d’expression, l’alternance au pouvoir et la restauration de la souveraineté populaire pour que le citoyen régule l’action des politiques autant que possible.
Réputés par une certaine opinion comme de fortes têtes, à ce qui paraît, Georges Mpaga et Marc Ona Essangui ont semble-t-il, confirmé ce statut de "trouble fête" pour les gouvernants en dévoilant les "carences du système démocratique au Gabon" au point où le porte-parole du gouvernement gabonais présent sur les lieux s’est fendu dans une observation qui n’a pas laissé le public insensible en parodiant l’image du méchant loup qui se cacherait sous la peau d’un agneau : " ce sont des opposants qui montrent le visage de la société civile". Sur un ton léger et décontracté le Secrétaire exécutif de Brainforest lui a répondu avec un calme olympien coup pour coup :"Je commence à apprécier le ton de ces échanges".
La question de la démocratie dans ce pays indépendant depuis août 1960 et dont les fondements d’ouverture au débat politique ne s’est opéré qu’au sortir de la conférence nationale de 1990,la société civile estime qu’ "Au Gabon, les hommes politiques ont toujours fait la pluie et le beau temps et sont considérés comme les garants de la démocratie car ils sont à la fois acteurs, décideurs, législateurs et donc juges et partis". Elle les assimile à des "terroristes" qui prendraient en otage le débat politique.
Si les représentants politiques gabonais présents à ce débat ont insisté sur l’Éducation, la Santé, l’accès aux emplois et la responsabilité des gouvernants comme préalables pour faciliter les réflexes démocratiques, Georges Mpaga souhaite que le citoyen se réapproprie son droit le plus fondamental, celui d’exprimer son opinion dans les urnes, à condition que le cadre institutionnel et réglementaires des élections soit assainis et que la sécurisation de son choix soit garantis. Sans ces préalables, le processus démocratique ne sera qu’une vue de l’esprit et de l’ordre du fantasme en ce sens que "c’est du ressort des gouvernants d’assurer des élections libres crédibles et transparentes qui illustreraient les aspirations des citoyens dans son acception la plus classique".
Mikel Doussengui






