LEGISLATIVES 2018/Jean Eyeghe Ndong ne participera à aucune élection sous le règne d’Ali Bongo Ondimba

23 août 20180
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Comme plusieurs autres gabonais, Jean Eyeghe Ndong estime que c’est Jean Ping le véritable président du Gabon.

Comme plusieurs autres gabonais, Jean Eyeghe Ndong estime que c’est Jean Ping le véritable président du Gabon.

Les prochaines élections législatives se feront sans Jean Eyeghe Ndong. Fidèle à sa "probité et à ses convictions", l’opposant radical refuse de participer à un vote sous le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Il a fait une déclaration ce 23 août à son QG du quartier Nkembo, dans le deuxième arrondissement de Libreville.

Sur un ton serein, Jean Eyeghe Ndong a déclaré qu’il ne participera pas aux élections législatives d’Octobre prochain, sous une grande ovation du public venu remplir la salle de cette permanence politique. Une posture ferme mais qui n’étonne guère. Fervent soutien de Jean Ping, le sénateur en fin de mandat a une grande aura au sein de la population gabonaise à cause de ses prises de position radicales caractérisées par un langage franc. Il estime, jusqu’à présent, qu’Ali Bongo est le véritable perdant de la présidentielle de 2016 et donc ce dernier ne devrait ni occuper le fauteuil présidentiel, ni gouverner le pays et encore moins organiser une élection. Pour rester "constant" dans sa logique, celle de ne pas vaciller face à la "vérité", l’ancien premier ministre a donné une réponse claire, mettant ainsi fin aux spéculations.

La salle du QG de l’opposant a refusé du monde.

Une posture pourtant très risquée pour son avenir politique

A 72 ans, Jean Eyeghe Ndong semble avoir fait le choix inavoué de mettre fin à sa carrière politique. Président du Gabon depuis 2009, Ali Bongo Ondimba pourrait avoir encore soif de pouvoir. Il peut rester à la tête du pays durant très longtemps. Décider de ne pas se présenter à cette élection qu’il aurait pu remporter face à n’importe quel candidat, à cause de la présence l’actuel Chef d’Etat, apparaît comme un suicide politique. Comment compte-t-il maintenir sa notoriété ? Aussi, deux ans après la dernière présidentielle, la population semble avoir définitivement tourné la page des protestations contre le régime en place. Durant son discours, "le natif de Nkembo" a longtemps insisté sur la question : "Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?", en rappelant qu’il y a eu des morts en août 2016, qu’il y a des acteurs politiques en prison, et qu’il faut que Jean Ping soit installé au Palais présidentiel. Mais tout cela ne semble plus émouvoir les gabonais, profondément découragé par le comportement des opposants qui vacillent d’un camp à l’autre. Son personnage pourrait avoir du mal à survivre politiquement.

De nombreux gabonais sont attachés au franc-parler de Jean Eyeghe Ndong.

Dernier premier ministre du défunt Omar Bongo Ondimba, Jean Eyeghe Ndong avait prophétisé, en 2009, lors des obsèques de l’ancien président, un avenir difficile si une véritable alternance ne s’opérait pas à la tête du pays. Ce discours lui valu sa place de Chef du gouvernement au profit de Paul Biyoghe Mba, dont l’équipe organisa l’élection présidentielle devant désigner le successeur du disparu.

GMN

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