Un devoir de mémoire et de justice, dix ans après les événements de 2016

31 août 20260
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Dix ans après les exactions commises lors de l’élection présidentielle de 2016, la mémoire reste vive et douloureuse. Paul-Marie Gondjout, témoin oculaire et acteur de ces événements en tant que Commissaire au CENAP représentant le candidat Jean Ping, l’auteur de ce témoignage, appelle le Gabon à un double devoir : se souvenir et réparer.

Entre le 26 août et le 2 septembre 2016, le pays a traversé l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Aujourd’hui, il s’agit de dire «  plus jamais ça », de reconnaître le sacrifice de ces enfants du Gabon et de demander pardon aux Gabonais pour tout le mal commis.

Un geste fort, mais une page qu’on ne tourne pas sans mémoire

Pour Paul-Marie Gondjout, témoin oculaire et acteur de ces événements en tant que Commissaire au CENAP représentant le candidat Jean Ping à cette époque : "Le Président de la République a posé un acte symbolique de première importance en baptisant l’hôtel des Affaires étrangères du nom de Jean Ping, rendant ainsi justice à ce qui s’est passé".

Mais tourner la page pour cet acteur politique, ne signifie pas oublier. "Au sortir des événements, l’opposition s’était organisée pour recueillir les noms des personnes disparues, tuées ou blessées. Or, c’est à l’État de reconnaître sa culpabilité et de réparer les préjudices, qu’ils soient matériels ou humains" souligne t-il.

Un dialogue avait été engagé entre l’État gabonais et l’Union européenne, qui disposait alors d’une mission d’observation électorale. L’État avait accepté de lister les victimes afin de permettre leur indemnisation ou la tenue de procès. Vers 2021 ou 2022, le parquet de la République a été invité à recevoir les familles, mais beaucoup n’ont pas osé franchir le pas, par peur. Ce dossier est toujours pendant devant le parquet, les délais légaux permettant encore des actions en justice.

Panser les blessures au-delà du judiciaire

Au-delà de l’aspect judiciaire, il est crucial de panser les blessures des compatriotes. Le Chef de l’État, lors du dialogue national de 2024, a pris cette question à bras-le-corps, en demandant du temps pour régler cette situation.

Le mois d’août, symbole d’une libération

Le mois d’août est devenu le symbole de l’enfantement et de la libération du pays, marqué par les luttes de 2009, 2016 et 2023. Il convient de rendre hommage aux leaders politiques disparus — André Mba Obame, Pierre Mamboundou, Casimir Oyé Mba, Jules Aristide Bourdes Ogouliguende — qui ont œuvré pour ce changement concrétisé par le CTRI le 30 août 2023.

Ce changement, obtenu de manière inattendue, offre une opportunité historique. En célébrant le premier anniversaire de la libération, le Président invite à avancer ensemble, militaires et civils, et à accepter les sacrifices et les réformes nécessaires.

L’objectif est clair : faire en sorte que tous ceux qui sont morts en 2016 et avant ne soient pas morts pour rien, afin de bâtir un Gabon nouveau, un Gabon de la renaissance.

Justin BITEGHE

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