Crise à l’Église Évangélique du Gabon : Le ministère de l’Intérieur suspend le nouveau bureau, les synodaux récusent et saisissent le Président

20 août 20260
Partager

Libreville - La tension monte au sein de l’Église Évangélique du Gabon (EEG). Par décision administrative, le ministère de l’Intérieur a suspendu à titre conservatoire pendant trois mois le nouveau bureau du Conseil National, issu du dernier synode. Motif : "beaucoup d’irrégularités" et "trouble à l’ordre public".Une décision qui a provoqué la riposte des pasteurs et laïcs, réunis ce mardi 18 août 2026 au siège de Baraka Mission, pour réaffirmer la souveraineté du synode.

Selon le ministère de l’Intérieur, la mise en place du nouveau bureau national serait entachée d’irrégularités. La crise est née de la double revendication à la présidence : d’un côté le pasteur Ovono Menie, qui se réclame "président élu" lors d’une élection qu’il aurait lui-même organisée ; de l’autre le pasteur Jean Daniel Allogho Essimegane, désigné par le synode.

C’est d’ailleurs le camp du pasteur Ovono Menie et certains pasteurs qui auraient saisi le ministère de l’Intérieur.

Réunis en urgence, pasteurs et fidèles ont tenu à recadrer.

Premièrement, ils rappellent le principe de séparation entre l’Église et l’État. Deuxièmement, ils martèlent que le synode reste et demeure l’instance suprême de l’EEG. "Sa décision est donc irrévocable", affirment-ils.

Sur la question de l’ordre public, les synodaux rejettent l’argument du ministère. "Nous ne nous reconnaissons pas dans ce trouble. Au contraire, ce sont les forces de police censées assurer la sécurité qui ont plutôt voulu mettre le désordre", dénoncent-ils.

Les responsables de l’église assurent avoir tout tenté pour trouver un consensus entre les deux pasteurs. En vain.

Face à l’impasse, le synode a saisi la Commission des Lois de l’église. Celle-ci a lu l’article 55 de la Constitution de l’EEG, qui prévoit le recours au vote.

Une dernière proposition a été faite aux deux protagonistes : accepter le vote. Le pasteur Ovono Menie aurait refusé catégoriquement, déclarant : "Je suis le président choisi par le gouvernement". Le pasteur Jean Daniel Allogho Essimegane a, lui, accepté de se remettre à la décision du synode.

Resté seul candidat pour la région synodale du Ntem, ce dernier a donc été plébiscité conformément aux textes de l’église comme pasteur-président du Conseil National.

Cette crise met en lumière un double enjeu  :

Un conflit de légitimité entre une élection contestée et une désignation synodale conforme aux textes. Le refus de se soumettre au vote a isolé le pasteur Ovono Menie aux yeux des synodaux.

Un bras de fer entre l’autonomie d’une institution religieuse et le pouvoir de tutelle de l’État. La suspension du ministère de l’Intérieur est perçue à Baraka Mission comme une ingérence.

Conscients des risques de division, les pasteurs et laïcs n’appellent pas à la confrontation. Ils privilégient l’apaisement. Pour préserver la cohésion historique entre l’État et l’Église Évangélique du Gabon, ils sollicitent l’arbitrage du Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, afin que la paix et l’unité soient préservées au sein de l’EEG.

Le dossier est désormais sur la table du Chef de l’État.

Justin B

Commander mon espace pub

     

Commander mon article

   

Dans la même rubrique

0 Commentaire(s)

Poster un commentaire