EEG/ Mandat avenir du Ntem : Dieu choisit, Dieu établit… et l’Église discerne ensemble

5 juillet 20260
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Le mandat avenir du Ntem arrive comme un moment important dans la vie de l’Église Évangélique du Gabon. Ce n’est pas seulement une étape administrative ou une série de décisions à prendre. C’est un temps où l’Église se rassemble, réfléchit, prie et cherche à comprendre ce que Dieu attend d’elle pour les années à venir.

Car au fond, ce qui est en jeu dépasse les personnes et les fonctions : il s’agit de la vie de toute une communauté, de sa direction, de son unité et de sa mission. C’est dans ce contexte que se posent des questions essentielles, notamment le choix du futur Président de l’Église Évangélique du Gabon, la manière de gouverner l’Église, et les résultats que ce mandat laissera derrière lui.

Dans cette réflexion, une conviction revient toujours : Dieu est au cœur du processus. C’est Lui qui choisit et qui établit.

La Bible nous le rappelle avec simplicité et force : « Ce n’est ni de l’Orient ni de l’Occident que vient l’élévation, mais c’est Dieu qui juge » (Psaume 75.7-8). Cela invite chacun à l’humilité. Dans l’Église, personne ne s’élève par lui-même. Tout appel véritable vient de Dieu, et tout service est une responsabilité reçue.

Mais cela ne signifie pas que l’Église reste passive. Au contraire, elle est appelée à discerner. Lorsque Samuel devait choisir un roi parmi les fils d’Isaï, il a d’abord regardé ce qui semblait évident. Mais Dieu lui a appris que le regard humain ne suffit pas : Dieu regarde le cœur. Cette leçon reste vraie aujourd’hui encore.

C’est pour cela que le choix du futur Président de l’Église Évangélique du Gabon ne peut pas être réduit à une simple compétition ou à des considérations humaines. Il doit être le fruit d’un discernement collectif, porté par la prière, l’écoute de la Parole et la recherche sincère de la volonté de Dieu.

Cette démarche prend tout son sens quand on se souvient que notre Église est de tradition presbytérienne-synodale. Cela veut dire qu’elle ne repose pas sur une hiérarchie de personnes, mais sur des instances qui travaillent ensemble. Les décisions ne viennent pas d’un seul individu, mais d’un cheminement partagé entre les paroisses, les régions synodales, les synodes et les organes nationaux.

Dans cette logique, choisir un Président de l’Église, c’est reconnaître celui ou celle que Dieu appelle à servir au milieu des autres, dans un cadre où la responsabilité est toujours partagée et encadrée. C’est aussi accepter que personne ne détient seul la vérité ou la direction de l’Église.

Une fois ce choix fait, une autre réalité commence : celle de la gouvernance. Et c’est souvent là que tout se joue.

Gouverner l’Église, ce n’est pas seulement occuper une fonction. C’est marcher avec les autres, écouter, décider avec sagesse et servir avec humilité. C’est aussi rester fidèle à ce que nous sommes.

Cette fidélité passe par plusieurs repères essentiels : la Parole de Dieu, bien sûr, mais aussi la doctrine de l’Église Évangélique du Gabon, ainsi que les textes qui organisent notre vie commune — les Statuts, la Charte de Réunification et le Règlement du Synode.

Ces textes ne sont pas là pour compliquer la vie de l’Église. Ils existent pour la protéger, pour éviter les dérives, et pour garder vivante notre unité. Ils rappellent que l’Église n’est pas un espace d’improvisation, mais une communauté appelée à vivre dans l’ordre, la justice et la paix.

L’apôtre Paul le disait déjà : Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Cela signifie que même dans nos décisions, Dieu cherche l’harmonie, la clarté et la responsabilité partagée.

Dans ce cadre, respecter les textes de l’Église, ce n’est pas freiner l’action de Dieu. C’est au contraire reconnaître que Dieu peut aussi guider à travers des règles que nous avons librement adoptées pour mieux vivre ensemble notre foi.

Mais au-delà du choix et de la gouvernance, il y a une dernière question très concrète : celle des résultats.

Un mandat ne se juge pas seulement au moment où il commence, ni aux bonnes intentions exprimées. Il se juge surtout à ce qu’il produit dans la vie réelle de l’Église.

Le mandat avenir du Ntem sera donc évalué à travers des choses très concrètes : l’unité de l’Église, la qualité de sa gouvernance, la transparence dans les décisions, la vitalité de la mission, l’accompagnement des communautés locales, la formation des responsables, et la manière dont les ressources sont gérées.

Mais il y a aussi une dimension plus profonde : laisser une Église plus solide, plus fraternelle, et mieux préparée pour l’avenir. Une Église où une nouvelle génération peut se lever et prendre le relais avec maturité et engagement.

Au final, tout revient à cette conviction simple mais fondamentale : Dieu choisit et Dieu établit.

Mais ce choix de Dieu ne dispense pas l’Église de sa responsabilité. Il l’invite au contraire à marcher ensemble, à écouter, à discerner, et à agir dans la fidélité.

Le mandat avenir du Ntem est donc un appel à l’unité et à la maturité. Un appel à chercher Dieu ensemble, à respecter nos engagements, et à construire une Église où les décisions ne sont pas le fruit de tensions humaines, mais d’un discernement partagé dans la prière et la sagesse.

Car une Église qui discerne ensemble, qui respecte ses textes et qui reste fidèle à sa mission est une Église qui avance avec assurance.

Et au cœur de tout cela demeure cette certitude : Dieu conduit toujours Son Église.

A/E Eugène-Boris ELIBIYO, fils du Ntem.

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