Ebola en RDC, un épisode de plus ou une impréparation de plus ?

19 mai 20260
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Depuis la nouvelle flambée de cas en Ituri, la propagation de l’épidémie s’accélère. Selon le médecin chercheur Jean-Jacques Muyembe, un cas a été signalé dans la ville de Goma, un espace sous contrôle de l’AFC-M23. La patiente aurait été contaminée par son mari, décédé à Bunia. Selon lui, la situation sécuritaire et le flux de déplacés internes vont accentuer la propagation ; par conséquent, un suivi minutieux des cas est indispensable pour stopper le développement du virus. C’est ce qu’il a déclaré dans une interview accordée à l’Agence France-Presse (AFP), ce 17 mai 2026.

L’alerte a d’abord été donnée par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), une structure de santé publique de l’Union africaine, qui avait confirmé un cas de la maladie en Ituri.

Après cette annonce, l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) a, à son tour, dépeint un tableau alarmant de 246 cas suspects et 65 décès à Mongwalu et Rzwamapra. De son côté, le gouvernement congolais a dépêché le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale en Ituri pour une mission d’évaluation sanitaire. L’objectif est de déployer les moyens idoines à travers le Centre des opérations d’urgences de santé publique (COUSP) afin d’apporter une réponse urgente.

Par ailleurs, l’autorité de tutelle a reconnu, lors d’un point de presse à Kinshasa, les défis matériels auxquels le pays est confronté pour faire face à cette épidémie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), quant à elle, a déboursé 500 000 USD pour contribuer aux efforts de riposte. Cette enveloppe doit financer en priorité :

La communication des risques et l’engagement communautaire ;
Le renforcement de la surveillance des maladies ;
La recherche active des cas et le traçage des contacts ;
La prévention et le contrôle des infections dans les établissements de santé ;
L’élargissement des capacités de tests en laboratoire.
Au-delà des assurances données par les autorités compétentes, la question d’Ébola semble être un serpent à plusieurs têtes qui ne cesse de muter après chaque saison.

L’époque d’impréparation et d’adaptation aux ripostes : de 1976 à 2025

Tout a commencé à Yambuku, dans l’ex-province de l’Équateur, à l’époque du président Mobutu, où le premier cas historique fut enregistré. Les difficultés d’ordre logistique et financier, combinées à une faible couverture sanitaire, n’avaient pas permis une riposte efficace, faisant exploser la contamination avec 318 personnes infectées et 280 décès.

Par la suite, après plusieurs années, le virus s’est diffusé dans d’autres entités provinciales du pays, notamment le Kikwit, le Kasaï-Occidental, le Bas-Uélé, le Nord-Kivu et l’Ituri. Après une crise épidémique similaire en Afrique de l’Ouest, la RDC se voit de nouveau touchée entre 2014 et 2017. Grâce à l’expérience accumulée dans le passé, le pays va alors enregistrer moins de cas de contamination.

Cette accalmie sera pourtant de courte durée. En 2018-2020, on enregistre plus de 3 400 cas et 2 300 morts dans le Nord-Kivu et en Ituri. Malgré les crises sécuritaires et les multiples rébellions dans cette partie orientale, cette période a été marquée par une forte mobilisation et l’implication d’organismes tels que l’UNICEF, l’OMS, des partenaires internationaux et des autorités locales. Ces derniers ont mis sur pied des stratégies sanitaires congolaises. Cette synergie des forces a permis de réduire l’impact du virus jusqu’à son extinction en 2025.

Une réalité qui contredit les déclarations politiques et scientifiques

Les faits sur le terrain démontrent que le traitement d’Ébola ne doit pas se limiter uniquement à la riposte médicale. Il doit prendre en compte d’autres aspects et intégrer certaines structures pour parvenir à une éradication définitive.

Le vaccin, bien qu’il soit le moyen privilégié pour faire face à cette maladie, ne doit pas être la seule alternative.

Selon plusieurs chercheurs, la pathologie est issue de souches animales qui vivent dans la forêt. Ainsi, l’intégration des peuples autochtones au centre de la politique de riposte peut s’avérer être une stratégie efficace. Outre cela, une communication structurée et adaptée à toutes les catégories de la population peut contribuer à une meilleure prévention.

Fort de ses expériences accumulées, le pays a déjà su développer plusieurs mécanismes pour faire face à cette épidémie. Cependant, pour stopper définitivement la résurgence, la RDC doit désormais aller au-delà des structures existantes.

Nehemy D/E.NEWS

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