Affaire Warren Loundou : la mère de la victime dénonce la lenteur de la procédure judiciaire
Près d’un an après l’agression de Warren Loundou Pango, sa mère, Ndinga Chaste Mireille, dénonce la « lenteur anormale » de la procédure judiciaire. Dans un courrier daté du 5 août 2026 adressé à l’Inspecteur général, elle réclame une accélération du dossier et des explications sur la remise en liberté de plusieurs jeunes mis en cause.
Le 25 octobre 2025, Warren Loundou Pango, alors mineur, aurait été violemment agressé par huit de ses camarades de classe. Selon sa mère, les violences auraient provoqué un traumatisme crânien ainsi que plusieurs fractures, dont une fracture de la mâchoire ayant nécessité plusieurs interventions chirurgicales.
Une première prise en charge aurait été effectuée en novembre 2025 au Centre hospitalier universitaire d’Owendo (CHUO), au Gabon, avant une nouvelle intervention en janvier 2026 à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, en France.
Huit jeunes mis en cause, sept interpellés
Selon Ndinga Chaste Mireille, huit jeunes seraient impliqués dans l’agression. Sept d’entre eux auraient été interpellés dès le lendemain des faits, puis placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction des mineurs chargé du premier cabinet.
Deux mois plus tard, affirme-t-elle, ces sept jeunes auraient été remis en liberté sans que les parents de Warren en soient préalablement informés.
Depuis, aucune évolution significative du dossier ne leur aurait été communiquée. « Aucune suite, aucune date d’audience ne nous a été communiquée », dénonce la mère de Warren dans son courrier.
La crainte de voir les mis en cause quitter le territoire
Face à ce qu’elle considère comme une inertie judiciaire, le conseil de la famille aurait saisi, par courrier daté du 3 juillet 2026, la Procureure générale par intérim près la Cour d’appel de Libreville.
L’avocat aurait notamment sollicité une mesure d’interdiction de sortie du territoire à l’encontre des personnes mises en cause.
Selon Ndinga Chaste Mireille, aucune réponse n’aurait été apportée à cette démarche à ce jour. Elle affirme également avoir appris que certains des jeunes concernés se trouveraient désormais hors du Gabon, notamment en France.
Une situation qui, selon elle, pourrait compliquer davantage la poursuite de la procédure et l’exécution d’éventuelles décisions judiciaires.
« Une double peine » pour la famille
Toujours en convalescence, Warren Loundou doit poursuivre sa prise en charge médicale. Sa mère évoque une nouvelle intervention chirurgicale prévue à l’hôpital Pitié-Salpêtrière.
À ces séquelles physiques et psychologiques s’ajoute désormais l’attente judiciaire.
Dans son courrier, Ndinga Chaste Mireille parle d’une « double peine » et dit ne pas comprendre que, plusieurs mois après les faits, aucune audience n’ait encore été fixée.
Elle sollicite l’intervention de l’Inspecteur général afin d’obtenir l’accélération de la procédure, la fixation d’une date d’audience, des éclaircissements sur les conditions de remise en liberté des mis en cause et, le cas échéant, la mise en œuvre de mesures permettant de rechercher ceux qui auraient déjà quitté le territoire.
Elle demande également qu’une interdiction de sortie du territoire soit envisagée et, pour les personnes déjà parties à l’étranger, que les mécanismes judiciaires prévus par la loi puissent, si les conditions sont réunies, être mis en œuvre.
Une famille toujours dans l’attente de justice
Près d’un an après les faits, les blessures de Warren continuent d’être soignées. Sur le plan judiciaire, en revanche, aucune audience n’aurait encore été fixée.
Reste désormais à savoir quelle réponse les autorités judiciaires apporteront à cette nouvelle interpellation. Car pour les proches de Warren, le temps judiciaire n’est plus une abstraction : chaque mois qui passe prolonge une attente déjà lourde, tandis que certains des jeunes mis en cause auraient quitté le territoire.
DRB






