Radio Génération Nouvelle : les agents dénoncent des années d’abandon et de précarité
Créée dans les années 90, Radio Génération Nouvelle a marqué l’histoire du paysage audiovisuel gabonais. Considérée comme l’une des premières grandes radios privées du pays, elle a formé et accueilli plusieurs générations de journalistes, d’animateurs et de techniciens. Mais aujourd’hui, la station est silencieuse, tandis que ses anciens agents affirment avoir été laissés pour compte.
Selon plusieurs témoignages recueillis, les difficultés se sont accentuées après le décès de Patrick Assélé. Les employés encore en poste à cette période évoquent une dégradation progressive de leurs conditions de travail. La plupart affirment n’avoir jamais bénéficié d’une situation administrative régulière, ni d’un salaire fixe, malgré plusieurs années de service, plus de dix ans pour certains par exemple.
« On nous a toujours donné de quoi nous contenter, avec des montants variant entre 50 000 et 150 000 FCFA. Il n’y avait jamais de montant fixe et parfois il faut mendier pour les avoir », confie l’un d’eux.
Les agents disent avoir multiplié les démarches auprès du fondateur de la radio, Jean Boniface Assélé, sans obtenir de solution durable. Au fil des années, les promesses de régularisation seraient restées sans suite, poussant de nombreux employés à abandonner toute revendication
Plusieurs tentatives de relance de la station auraient également échoué, notamment sous la gestion des fils du fondateur, selon les témoignages recueillis
Autrefois influente dans le débat public, Radio Génération Nouvelle servait également de tribune politique à son fondateur, Jean Boniface Assélé, qui y intervenait régulièrement pour défendre ses positions et celles de son parti, le Cercle des Libéraux Réformateurs (CLR). Aujourd’hui, les locaux de la station sont à l’abandon, tandis que les anciens travailleurs ignorent si les émissions reprendront un jour. « C’est ma radio, c’est moi qui l’ai créée », rappelait souvent le fondateur, selon plusieurs anciens collaborateurs.
Alors que d’autres structures appartenant à Jean Boniface Assélé poursuivent leurs activités, les anciens agents de Radio Génération disent attendre avant tout la reconnaissance de leurs droits et le respect de leur dignité après des années passées au service de cette radio.
À ce stade, aucune réaction de Jean Boniface Assélé ou des responsables de Radio Génération. Leur version des faits sera publiée dès qu’elle nous parviendra, conformément aux règles du contradictoire.
DRB






